lundi, novembre 28, 2011

une cible verrouillée




Qui d’entre nous n’a pas un modèle à suivre ? Qui d’entre nous n’a pas d’objectif à atteindre ?
Chacun de nous s’imagine déjà comment il serait à l’âge de vingt ans, de trente ans, de quarante ans,…..chacun imagine comment pourrait être son partenaire sexuel, comment seraient ses enfants, comment est la maison où il rêve d’habiter, la voiture qui lui convient, on imagine même l’âge idéal pour baisser les bras et passer l’arme à gauche, on n’arrête pas d’imaginer des tas de choses, des choses qu’on n’ose pas dire et pourtant on y pense très fort.
Le modèle qu’on a choisi pour être le projet de toute une vie, est souvent un modèle qu’on a vu lors de notre enfance, au moment où nos connections cérébrales sont les plus performantes, mais où le niveau des expériences appelé « sagesse » est à son nadir.
Ce modèle peut être un parent, un ami, un voisin, un personnage d’une fable de grand parents, ou un comédien dans un film.
C’est l’enfant que nous étions qui a rêvé de ce que nous sommes, mais vu avec notre esprit mature d’aujourd’hui, cet enfant n’aura pas autant de respect de notre part , et pourtant on ne remet jamais ses projets en cause , on continue a les réaliser ou au moins les chercher, et si quelqu’un ose nous critiquer on réponds « je suis comme ça ».
On suit des mirages, des rêves qu’un petit génie a osé faire, comme une cible verrouillée qu’on vise malgré tout. Faut-il dire encore dire que nous sommes comme ça ?

samedi, octobre 22, 2011

Un mariage



Ça fait juste cinq ans qu’on est mariés et pourtant j’avais plus de problèmes que durant trente ans de célibat.
Je crois que cela est dû en grande partie à la différence de conception du mariage dans ma tête et dans celle de ma femme.
Le jour où j’avais décidé de me marier avec elle et d’unir nos avenirs face au destin, ce jour là n’était que le début d’une nouvelle étape de mon existence que j’avais cru serait meilleur e, pour moi cette union allait m’aider à avancer à grands pas dans l’évolution sociale et vers la réalisation du soi, quand je suis réveillé à coup de matraque par la désillusion quand j’ai vu que ma bien aimée voit le mariage comme une finalité en soi, comme une réalisation du soi sans aucune intention de fournir davantage d’ efforts .
Cela se confirmait jour après jour, quand je vois que moi je fourni des efforts astreignants pour rester dans l’image du premier jour, je fais attention à mon régime, je fais du sport, j’ai fait presque un abonnement chez le dentiste pour garder ce sourire qu’elle aimait, j’ai même pris un traitement antichute de cheveux pour retarder la vieillesse aussi longtemps que je peux.
De son coté, elle a commencé dés le premier jour à prendre du poids, comme s’il n’y’a personne à séduire, comme s’elle est sortie victorieuse d’une mission accomplie, je la vois changer et je lui fais des remarque anodines faisant semblant de la taquiner, mais au lieu de prendre mes remarques au sérieux, madame riposte et fait la tête, m’accusant que je ne l’aime plus, que je ne vois que la partie vide du verre, que la jeunesse, n’est pas faite pour durer, et moi qui confondais toujours beauté et jeunesse.
Au début, j’essayais de lui faire l’amour assez souvent, au point qu’elle avait cru que c’est un besoin vital pour moi, et madame commence le chantage , comme elle dit toujours « la vie c’est donnant donnant », cela m’amusais car elle se trompait sur toute la ligne, conscient que l’amour s’épuise avec le temps, et que la flamme du désire s’éteint peu à peu, j’avais décidé de jouer sur la biologie, car semble t’il qu’après l’amour plein de substances biologique se secrètent y compris l’hormone de l’attachement, donc moins on fait l’amour moins on s’attache, et madame ne le sait pas.
Elle continue à planer dans son univers, jouant avec moi au jeu de la manipulation, bien que j’aurai aimé que ça soit un jeu de séduction, on a arrêté de parler de nous depuis longtemps, aujourd’hui elle ne me parle que de ses amies, de leur voyages, de leurs réflexions, de ce que leurs maris ont fait pour elles, un tas de bavardage futiles qui pour moi n’est qu’un bruit de fond quand je regarde la télé.
Les philosophes et les imbéciles, vont me sortir des réflexions vraiment débiles, comme quoi l’âme ne change pas, je réponds tout de suite qu’on ne vit pas au paradis pour parler des âmes, et que chaque chose se termine avec la cause qu’elle l’a créé , et que mon attachement n’est pas innocent ,il est fait de chair et de sang.

lundi, juillet 04, 2011

un calin




J’ai toujours cru que le temps était une ligne droite, qui se dessine point par point au rythme entêtant du battement de mon cœur, mais quand je l’ai revu encore une fois, j’ai compris que le temps s’est invaginé comme un tissu cérébral dans une boite crânien, au point que deux instants séparés d’une année semblent collés l’un à l’autre.
J’avais l’impression que le temps s’est arrêté depuis la dernière fois, comme un sommeil profond du quel tu ne te rappelle d’aucun rêve, et soudain tes souvenirs se dévoilent, tu ressens ces baisers qui font mal, cet amour inavoué de ces amoureux dévoués.
Toujours le même sourire d’une charmante fille, toujours les yeux qui brillent,elle a toujours ces lèvres au gout des fruits. Elle a un corps plein de jeunesse, des gestes de tendresse, la pudeur d’une enfant et la douceur qui tue un garçon de trente ans.
Avec elle, j’ai compris ce que c’est un état second, avec elle tout en moi devient rebelle, avec elle mon bras s’allonge, mon corps se penche, je fléchi mes phalanges, pour la serrer contre mon torse assoiffé de toucher son corps apaisé.
Quand soudain je me réveille et elle s’en va, le rêve était beau, mais mon cœur au réveil vibrait comme une feuille d’arbre un jour venteux, et sans attendre ,je saute, lui écrire un message, mais elle ne répond toujours pas, je retourne dans mon lit, je regarde le plafond et j’espère qu’un jour je vais la revoir, peut-être même dans un autre monde ou dans une autre vie.

lundi, mai 23, 2011

Le chemin du retour





Dans ce village où j’étais né, où tous mes amis sont nés, on a comme coutume de quitter le village à l’âge de sept ans, pour aller dans la forêt.
C’est comme une tradition de notre tribu, pour que les garçons acquièrent la maturité pour qu’enfin deviennent des hommes, mais cette expérience n’a rien d’amusant, ça ne ressemble pas à vos promenades de dimanche dans les bois, sauter, bondir, courir, respirer l’air pur de la nature.
Ici loin de vos jeux organisés, on va à la dérobée chercher à manger et à boire, pour qu’après on se réunisse avec quelques amis au feu du bois le soir.
C’est vrai qu’avec des amis nous avons quitté le village ensemble, mais chacun passe sa journée à part, chacun choisi son chemin, et on se fixe des points de rencontre le soir.
On s’éloigne de plus en plus de notre village, et le danger devient de plus en plus présent et féroce, mais le plus grand danger c’était de se perdre, ici on ne peut pas tâtonner, une déviation d’un petit angle, vous guide vers un autre monde, une autre vie, et souvent on remarque qu’on perd des amis au fil du temps.
J’ai eu l’habitude de mettre des pierres pour retrouver mon chemin de retour, j’ai toujours eu l’espoir de retourner le soir, j’espérais que mes amis en fassent autant.
On s’échange quelques expériences, quelques découvertes entre amis, mais ce n’est pas toujours évident de transmettre ses pensées à ses amis, car pour eux ce que tu racontes ce ne sont que des histoires de chasse.
Mais au lever du soleil, chacun pour soi, chacun découvre des nouvelles choses, des nouvelles créatures qui ne sont pas toujours anodines, tout faux pas, tout excès de zèle serait sévèrement puni.
Au début, et dans la fougue de la jeunesse, l’expérience était amusante, on apprenait plein de choses en peu de temps, mais avec le temps, on se sent fatigué, délaissé, on veut retourner aux bras de notre mère ou en l’occurrence aux bras d’une femme, comme dans le complexe d’Oedipe.
Je suis allé loin, trop loin, aussi loin que j’ai pu, mais là je veux rentrer à mon village, retrouver mon ours en peluche, retrouver mon chien qui est surement mort à l’heure qu'il est, je veux revoir ces sages du village qui viendront un peu de partout pour me voir revenir.
Je hâte de rentrer, moi le sauvage, moi le rebelle, pour donner à ma famille de mes nouvelles, leurs raconter tous mes voyages, et que j’ai bien suivi leur sillage, mais ça fait tellement longtemps que j’ai quitté, je ne me rappelle plus du chemin, et c’est là que je demande à mes amis « vous rappelez vous, du chemin de retour ? ».

jeudi, avril 21, 2011

la chute





Nietzsche découvre l'idée de « l'éternel retour » de revivre à l'infini et dans ses moindres détails toute la vie que nous avons menée jusqu’ici, Ainsi faut-il tâcher de vivre de telle sorte que l'on puisse souhaiter que chaque instant se reproduise éternellement.
Nietzsche n’a pas inventé cette idée mais il l’a juste découvert, puisque la plupart des gens pensent de la même façon, après chaque moment de plaisir on se retrouve triste de ne pas pouvoir l’éterniser, et peut-être même qu’en plein bonheur on se sent malheureux à cause de ça.
Cela me rappelle une idée ancienne, ou plutôt cette hypothèse qui explique le fait qu’on ressent le vertige dans un endroit élevé, paralysés d’avancer alors que si on élimine cette vue de hauteur on allait non seulement avancer mais aussi courir.
L’hypothèse veut que ce vertige, cette impression de tomber, soit à cause de notre enclin naturel vers la chute, et la conscience se bat pour ne pas tomber, mais c’est un combat perdu d’avance puisqu’on se bat contre une conviction formelle « on va tomber c’est sûr ».
Mais pourquoi cet enclin à la chute, pourquoi on ressent du malheur dans les moments du plaisir, comme un arrière gout amer ?peut-être parce que dans notre conception nous avons conscience que rien n’est eternel, et que après la vie vient la mort, que la chute est éminente, et que plus en s’élève plus la chute va être douloureuse.
Je ne peux pas vous cacher que je n’échappe pas à cette sensation, mais dans mes mécanismes de défense, j’ai créé ce que j’appelle « la théorie du rêve ».
D’habitude après un cauchemar on se réveille frustré, malheureux, on passe une journée désagréable, on a même parfois peur de dormir la nuit d’après, et au contraire après un beau rêve, on se sent heureux, dynamique, ouvert à la vie.
On n’est jamais malheureux du fait que le rêve ne s’éternise pas, on prend les choses comme elles sont sans se poser trop de questions, on peut aller même jusqu’à raconter le rêve avec un grand sourire de joie.
Mais dans la vraie vie (si j’ose dire), on n’est triste après un moment de bonheur, on pleure, on déprime, on se pose des questions bêtes, genre pourquoi la vie est injuste ?pourquoi elle nous traite comme les derniers venus ? Pourquoi sommes-nous les moutons noirs ?
Ma théorie du rêve consiste à considérer ces moment de plaisirs comme un beau rêve, et qu’ils se terminent ou pas, d’ailleurs je m’en fou, c’est un moment de gagné dans la vie et je le prends avec un grand sourire.

mercredi, février 09, 2011

La sexualité


Comme vous j’étais élevé dans une société masculine, un mode patriarcal de la famille, comme vous je n’ai jamais eu d’éducation sexuelle, comme vous j’étais livré à moi-même pour comprendre les règles qui régissent la sexualité humaine.
Comme vous, j’ai suivi le modèle existant, chez nous, l’homme est toujours le demandeur et c’est la femme qui doit accepter ou refuser, l’homme ressemble plutôt à un carnassier qui guète dans les coins pour chasser une proie de valeur, les hommes concourent dans des compétions sans fin pour avoir une récompense qu’est une femme.
Dans le monde où j’ai évolué j’ai toujours cru que la sexualité était purement masculine, et que c’est un signe de domination, cela m’était confirmé quand on ne voit que des prostituées et non pas des gigolos dans la société.
Et peut-être aussi comme vous je me suis posé des questions concernant cette situation ancestrale, et j’ai refusé d’être l’animal, et je suis allé jusqu’à critiquer la fameuse pyramide de Maslow qui considère le sexe comme un besoin basique, animal et le classe dans la base de la pyramide, alors que moi je l’ai classé au sommet dans la réalisation de soi.
Se basant sur le fait que la sexualité est une réalisation de soi, on comprend qu’on ne peut en aucun cas la partager avec une personne qui vous en semble indigne.
Et peut être comme vous j'ai pris des sombres routes, des chemins égarés pour effacer mes doutes, je suis resté dans mon coin attendant qu’on vienne me chercher, essayant de casser cette image figée de la sexualité, biensûr j’ai attendu sans que personne ne vienne pour pas mal d’années ,et me voilà aujourd’hui épanoui de savoir enfin que j’avais raison depuis le premier jour.

samedi, janvier 08, 2011

Le courage 3


Je ne veux pas que vous croyez que le courage est le fait de se moquer des règles de la nature qui règne cet univers, ni de narguer les lois des humains qui gouverne la terre, je ne veux pas que vous défier le commandement devin, je ne veux pas que vous fassiez un geste de folie qui va vous emmener inéluctablement vers la perdition.
Ce que je veux, c’est que vous devenez des matheux et que vous calculer bien les gains et le risque de toute action que vous entreprenez, que vous osiez quand la balance penche en votre faveur, osez aussi perdre, osez jouer car de toute façon vous n’avez pas le choix, votre destin c’est de participer à ce jeu qu’est la vie, donc ou vous êtes des joueurs ou des jouets, à vous de choisir.
Le courage c’est de comprendre ces variables qui constituent l’équation de la vie, de savoir attendre avant d’agir, et d’agir quand les autres sont entrain d’attendre, et jouer des paramètres qui font peur, d’avoir un coup d’avance dans le jeu, de voir les événements comme des scènes qui se répètent , puisque vous avez déjà tout vécu dans votre imagination.